mardi 15 janvier 2008

Christian Vanneste, condamné pour homophobie mais adoubé par l'UMP

Sécurité, baisse des impôts, valeurs familiales: le programme du candidat Christian Vanneste à la mairie de Tourcoing (Nord) est un classique de droite. Il a d'ailleurs reçu l'investiture officielle de l'UMP en décembre, et le soutien de Dominique Paillé, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.

Un retour en grâce dans le camp du Président qui fait grincer des dents, à peine un an après sa condamnation pour injures envers les homosexuels. Le député du Nord a dû verser 3 000 euros d'amende pour avoir déclaré: "L'homosexualité est une menace pour l'humanité (...), elle est inférieure à l'hétérosexualité".

Ce ne sont pas les seules déclarations de Christian Vanneste sur la condition homosexuelle, comme le montre la compilation disponible sur Youtube. (Voir la vidéo)



Dimanche, le Premier ministre a rappelé à l'ordre des militants d'Act Up qui avaient tenté d'interpeller sur le sujet Nicolas Sarkozy lors de son discours au conseil national de l'UMP. François Fillon estiment qu'"ils doivent faire preuve de méthodes moins intolérantes"...

A la maison des associations lesbiennes, gays, bi et trans du Nord (Legide) de Lille, les responsables sont atterrés. Sa directrice, Sandrine Verstavel, ne comprend pas que cette investiture: "On ne peut que condamner, explique-telle. Je n'arrive pas trop à croire que l'UMP est fait ce geste là."



L'adoubement de Christian Vanneste fait aussi débat à droite. Le mouvement homosexuel associé à l'UMP, Gaylib, "condamne l'investiture accordée à Christian Vanneste" . Dans son communiqué de décembre, l'association "déplore l’hypocrisie qui consiste à la fois à dénoncer l’homophobie et à exprimer 'pleine confiance et entière solidarité à un homophobe condamné par la justice."

A gauche, même refrain. "C'est une honte pour la République", s'insurgent les socialistes. Le parti de gauche a beaucoup à perdre: Tourcoing forme avec Lille et Roubaix, une des plus importantes communauté urbaine françaises, la CUDL, dirigée depuis 1989 par Pierre Mauroy. Et pour les municipales de mars, le candidat Tourquennois pourrait peser.

Dans son programme de campagne, pas de référence aux homosexuels. L'ancien professeur de philosophie, qui est également à l'origine de l'amendement controversé sur le rôle positif de la colonisation, se présente comme "un élu du peuple et seulement du peuple, ne maniant ni la langue de bois ni la pensée unique".

Il a tout de même laissé sur son blog des traces de son amertume, notamment les détails de sa condamnation et du "terrorisme intellectuel qui a suivi". En conclusion, le candidat reste sur ses gardes : "Je vous informe également que tous propos qui me seront attribués à tort ou toutes interprétations douteuses de mes idées feront l’objet de poursuites en diffamation."

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