lundi 14 janvier 2008

La défense de l'audiovisuel public mobilise les internautes.


L'annonce surprise de la suppression de toute publicité sur les chaînes publiques de France Télévision par Nicolas Sarkozy le 8 janvier n'en finit pas d'interpeller aussi sur le Net.

Sur les blogs, l'inquiétude demeure quant à l'avenir de France Télévision. Les 800 millions de manque à gagner pour le groupe doivent être compensés par une taxe sur les recettes publicitaires des chaînes privées et sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à internet ou la téléphonie mobile. Mais la mise en oeuvre de cette taxe reste encore floue. La thèse d'une mise sous influence, voire d'une privatisation prochaine circule abondamment sur le web.

Pour Thierry Maillet, qui tient un blog Consommation et citoyenneté, Patrick de Carolis, le président de FranceTélévisions n'est pas apprécié du président de la République, ce qui motiverait la tutelle de l'Etat sur le groupe.

"La suppression de la publicité s'inscrit sûrement dans l'objectif plus large de dégonfler l'Etat dans l'Etat qu'est FranceTelevision qui n'a jamais été admiré pour sa docilité par les pouvoirs en place."
TF1 se trouverait parallèlement conforté dans sa place de challenger de l'audivisuel.

Le site Bakchich parle d'ailleurs d'un retour aux temps de l'ORTF (Office de Radiodiffusion Télévision française). La rénovation du service public audiovisuel pourrait se traduire par une fusion des chaînes et une compression d'effectifs en cas de budget réduit.

Nicolas Sarkozy a pourtant appuyé sa proposition avec l'exemple de la BBC, chaîne publique britannique à succès et pourtant sans publicité. Pour Alain Gerlache de la RTBF, dans son blog médias, la comparaison est à nuancer. Parmi les différences : la BBC reçoit le double de dotation publique de FranceTélévisions, ce qui lui permet de produire des programmes et de les vendre à travers le monde.

Au-delà des conséquences pour le groupe public, l'audience serait aussi modifiée.

"Voilà un pays qui s’apprête, avec cette future mesure, à agrandir le fossé entre programmes éducatifs et programmes de divertissements ; entre "audiovisuel public" et "chaînes privées". Tout indique pourtant que nous aurions exactement besoin de faire l’inverse."

Pour Laurent Javault, journaliste et possédant un blog, les publics populaires seront exclus de la culture.

"D’un côté, une « élite » plus ou moins large va enfin pouvoir regarder Eve Ruggieri en prime-time (non je plaisante) ; tandis que de l’autre, des chariots de téléspectateurs abêtis (ou faisant semblant de ne pas l’être) seront invités, pour prix de leur divertissement, à faire fonctionner l’économie en avalant de la pub."

Le procédé de la taxe fait par ailleurs des mécontents. Des internautes non téléspectateurs par choix s'offusquent de cette décision sur le site blog Jour après jour :

"Je n’ai pas de poste de TV dans mon salon, je n’ai pas accès à la télé sur Internet et je ne regarde pas la télé sur mon téléphone portable. C’est un choix. Par conséquent, j’aimerais bien que Super Sarko m’explique pourquoi je devrais payer des taxes, même infinitésimales, pour un produit/service que je n’utilise pas !"

Malgré les polémiques, la mesure annoncée doit être votée courant 2008.

Marie Lagedamon




1 commentaire:

Yann Guégan a dit…

LES PLUS
Papier bien mené, agréable à lire, bonne progression, sources variées (dont une à l'étranger).
Titre OK.

LES MOINS
Pas d'ombre sur la capture d'écran.
Pas de mots-clés.