lundi 14 janvier 2008

Tabac : la résistance s’organise

Patrons ou clients, fumeurs ou non, ils refusent le décret anti-tabac. A chacun sa méthode, à chacun son credo, les réactions se multiplient et le web donne le ton.

Les caméras, Bernard Fritz commence à les connaître. Le patron du Grenadier à Herrlisheim en Alsace, a même répertorié sur son blog les reportages concernant son bar PMU. Celui qui s’est rebaptisé le « Vercingétorix de la clope » campe sur ses positions : dans son café, pas d’interdiction de fumer. L’irréductible en est fier et a même écrit au Premier ministre.

Autre figure très médiatisée : Christophe Cédat. Invité sur plusieurs plateaux télévisés, le tenancier lyonnais combine art et résistance. Le propriétaire du 203 réalise des cendriers originaux à base de photos de...mégots! Les revenus dégagés par leur vente serviront à payer les amendes des clients qui fumeront dans son établissement. "On mettra les premiers cendriers verbalisés en vente sur internet. Valeur de départ: 200 euros." Certains internautes réagissent positivement à cette initiative. Ainsi Metcha, félicite Christophe Cédat, et son choix est sans appel : "j'ai décidé que je ne fréquenterai plus les bars qui ne nous accèpteront pas, ma clope et moi".

Boycott pour certains, non respect de l'interdiction pour d'autres. Les cafés narguilé suivent la deuxième voie. Gaëlle Mann poste, sur son blog, un article concernant les bars à chicha. Ces lieux dans lesquels on se rend quasi-exclusivement dans le but de fumer, se sont regroupés en syndicat: l'Union des Professionnels du Narguilé. Ils entendent défendre leur commerce et les clients les soutiennent. Malgré les amendes encourues (68 euros), les consommateurs n'ont pas déserté et "font de la résistance, assis sur des fauteuils confortables, narguilé en main, ils savourent impassibles le tabac au goût de pomme, de menthe…"


Nettement moins nonchalants, certains retroussent leurs manches et tentent de mobiliser. "Où est passée aujourd'hui notre liberté ? ", écrit Valérie Bonsirven dans une lettre adressée au quotidien La Dépêche. La patronne du Cardiff à Albi appelle tenanciers et clients à signer une pétition contre le décret. Elle demande que l'interdiction ou non de fumer soit la décision du seul cafetier.

Même slogan, plus d'action. Désireux de "permettre à une mobilisation indépendante de se mettre en place", le forum "barfumeur" organise des manifestations. A Marseille, par exemple, rendez-vous ce soir à 18 heures 30. Et comme le dit Willf4J : "si y'a pas de réaction à Marseille y'en aura où ?" Tout ça sur fond de défense des libertés et de lutte contre "l'hygiénisme et le puritanisme".

Peut-être plus résigné, le blog de Phil Marso. L'auteur de "Passage à tabac" (1996), propose une liste des "bars et brasseries avec espace fumoir". Les internautes sont invités à compléter l'inventaire pour chaque département français. Une manière de faire de la résistance...en toute légalité.

Enfin, le cas le plus spectaculaire peut-être est celui de Joël Lailler. Le patron de L'Escale, dans la Loire-Atlantique, débute aujourd'hui une grève de la faim. Il entend protester contre l'interdiction du tabac. Après une amende de 135 euros qu'il a refusé de payer, le contrevenant veut marquer le coup, bien décidé à défendre les commerces de proximité. "Je sais que mon combat dérange en haut lieu. Les médias s'intéressent à moi". Pour chacun, la recette est la même: attirer l'attention. Chacun selon ses moyens et ses sensibilités. Souvent il est question d'argent, parfois de tradition, toujours de liberté.

Bouc Emissaire se fait, sans doute, par son cynisme, le porte-parole de tous ces résistants: "
fumer tue. De même que : la guerre, la misère, la faim, la soif (...) Pour combattre la mort qui nous assaille de toutes parts, interdisons tout ce qui la provoque".

1 commentaire:

Yann Guégan a dit…

LES PLUS
Papier vivant, récit bien mené, bonne longueur.
Beaucoup de sources.

LES MOINS
Pas de mots-clés
Titre un peu bato.
C'est quoi "Passage à tabac"?