Sur les 27 pays de l’Union, seule l’Irlande doit passer par un référendum pour ratifier le minitraité de Lisbonne. Et une forte majorité des Irlandais se déclarent encore indécis.
Enda Kenny est le chef du parti d’opposition Fine Gael (centre droit). Il explique ce qui est en jeu dans cette consultation:
« En Irlande, nous sommes obligés d’organiser un référendum à cause de notre constitution. (...) Les yeux de 500 millions de personnes seront braqués sur l’Irlande, un pays de 4.2 millions d’habitants. »
« Le peuple va décider si le traité réformé est bon pour l’Europe et bon pour l’Irlande. Dans ce sens, ils vont analyser si les changements apportés par le texte reflètent une capacité institutionnelle à travailler avec 27 pays au lieu de 15. » (Voir la vidéo, en anglais.)
Aucune date n’a pour l’instant été fixée pour la consultation, qui doit avoir lieu avant la fin de l’année 2008. 64% des Irlandais se déclarent encore indécis et une large majorité (68%) estime n'être assez informés sur ce mini-traité selon un sondage réalisé le week-end dernier par l’Irish Times. Ils sont seulement 26% à se prononcer en faveur du oui, 10% pour le non.
Le traité de Lisbonne fait déjà l’objet d’une vive polémique dans les médias. Une association d’étudiants de University College Dublin (UCD) a invité Jean-Marie Le Pen à participer à un débat sur la question. Devant le tollé provoqué par sa venue dans les médias, celui-ci a préféré repousser son déplacement.
Tous les grands partis irlandais ont pris position en faveur du traité, sauf le Sinn Féin, qui tient à la défense de la tradition de neutralité du pays.
Selon Mary Lou McDonald, membre du Parlement européen, représentante du Sinn Féin au sein du groupe Gauche unitaire européenne, le nouveau projet est inquiétant:« La militarisation de l’Union européenne sera accélérée et un programme économique fondé sur une course pour la diminution des salaires et des droits des travailleurs sera (mise en place). Au niveau européen, on constate le développement grandissant d’une armée européenne qui ne dit pas son nom. »
Ce n’est pas la première fois que l’Irlande tient ainsi le sort de l’Europe entre ses mains : en juin 2001, les Irlandais avaient voté non au traité de Nice, bloquant le processus de ratification. Deux ans plus tard, après la signature d’un accord européen sur la neutralité du pays, le pays est retourné aux urnes et a voté oui.
Avec le minitraité, la situation est différente. Le parti écologiste, qui s’opposait en 2001 au traité de Nice, est depuis entré au gouvernement et s’est déclaré favorable à la ratification du traité de Lisbonne. Et le Sinn Féin, principal opposant au traité, reste un parti très minoritaire, avec un peu moins de 7% obtenus lors des dernières élections législatives.
mardi 29 janvier 2008
Le sort du minitraité européen entre les mains de l'Irlande
Publié par
Anne-Julie Contenay
à
15:01
Libellés : Europe, Irlande, minitraité, référendum, traité de Lisbonne
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