Il est handicapé, mais il a de trop bonnes jambes mécaniques pour courir auprès de valides. La Fédération internationale des associations d'athlétisme (IAFF), a refusé à Oscar Pistorius le droit de concourir pour l'épreuve du 400 mètres aux Jeux olympiques de Pékin cet été. Des tests effectués ce week-end à Cologne par l'équipe du professeur Gert-Peter Brüggeman ont considéré que les prothèses connues sous le nom de « cheetahs » sont une aide technique.
Or l'article 144.2 de l'IAAF interdit « l’utilisation de tout dispositif technique incluant des ressorts, des rouages ou tout autre élément qui confère un avantage à un athlète par rapport à celui qui n’en utilise pas ». Les prothèses en carbone du Sud-Africain amputé des deux jambes lui permettent de courir à la même vitesse que les sprinteurs valides avec une dépense d’énergie inférieure de 25 %.
C'est pourquoi le jeune homme de 21 ans a voulu affronter des concurrents valides. Oscar Pistorius est déjà détenteur du record paralympique mondial des 100 mètres, 200 mètres et 400 mètres. Les vidéos de ses courses sont impressionnantes.
Mais que pensent les autres athlètes handicapés de cette décision. Pour Patrice Gergès, directeur technique de l'équipe de France d'athlétisme handisport, cette décision est légitime:
Des sportifs valides et handicapés côte-à-côte dans une même compétition, l'idée est séduisante. Selon Patrice Gergès, de telles confrontations sont possibles, à condition que les non-valides arrivent à compenser sans aide technique leur handicap:
L'affaire Pistorius permet de nous tourner vers l'histoire de l'athlétisme handisport. Les informations sur le site de l'Athlétisme handisport français.
Cette forme de discrimination inversée envers les handicapés, suscitent des questions d'ordre éthique, mais aussi d'ordre financier et sportif. La recherche biomécanique, qui permet à des personnes handicapées de repousser certaines limites humaines, est de plus en plus liée à des fins économiques.
En France, quelques laboratoires de recherche (comme celui de biomécanique à Paris) travaillent au perfectionnement de prothèses bioniques. Des substituts de jambe en fibre de carbone, toujours plus puissants, toujours plus élaborés. Les prothèses des sprinters amputés de membre inférieur, comme c'est le cas d'Oscar Pistorius, sont aujourd'hui très sophistiquées.
Ci-contre, une prothèse "Cheetah" du laboratoire Ossur utilisée par Oscar Pistorius, surnommé le "coureur de lames" (blade runner) et la plupart des athlètes ampuités des membres supérieurs.
"Il y a très peu de fabricants de prothèse dans le monde", nuance Patrice Gergès, le directeur technique de l'athlétisme de France handisport. La victoire des athlètes équipés de prothèses dernier cri permet à ces sociétés d'afficher un joli succès médiatique.
mardi 15 janvier 2008
Athlétisme : quand les techniques compensent le handicap
Publié par
Anonyme
à
15:02
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