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mardi 29 janvier 2008

Le maïs Mon810 interdit en France, les OGM souvent bien acceptés ailleurs

L’avis défavorable de la Haute autorité provisoire sur les OGM a permis à Nicolas Sarkozy d’interdire lui même la culture d’OGM en France. Mais cette mesure risque de n’être qu’un sursis dans le développement mondial des biotechnologies, pour lesquelles l’Europe commence à prendre du retard.

Six pays produisent et commercialisent 95% des OGM dans le monde : Les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Argentine. Les Etats-Unis représentent le pays le plus avancé en matière de recherche fondamentale sur les biotechnologies, et les OGM plus particulièrement.


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Certains pays européens ont mis en application la clause de sauvegarde prévue par le droit européen pour interdire les OGM au nom du principe de précaution. Il s’agit de la France, de la Hongrie, de l’Autriche, de la Grèce, de l’Italie, de la Pologne et du Danemark.

L’Inde, la Roumanie et l’Ukraine sont passés du stade de la culture scientifique à la production et à la commercialisation d’OGM entre 2005 et 2008 en raison d’un intérêt économique grandissant. Dans un marché où les matières premières agricoles sont chères et où les prix de revient sont inférieurs aux coûts de production, il y a un réel problème de compétitivité pour les pays qui refusent d’utiliser des OGM.

Les recherches actuelles sur les OGM s’orientent vers des cultures capables de résister à la sécheresse et à la salinité des sols. Des capacités qui intéressent particulièrement les pays en développement pour qui, en plus de manque de moyens de production, l’achat de semences sont difficiles faute de moyens. Ces pays en viennent en effet à importer leurs matières premières agricoles tout en possédant de grands potentiels dans ce domaine. Ce sont donc essentiellement les pays émergents qui sont intéressés par ce type d’OGM.

Il n’y a qu’en Europe où la culture d’OGM a été interdite. En France, le mouvement des Faucheurs volontaires représenté par José Bové a activement milité pour la suspension de telles cultures, mis en garde le public contre l’absence de résultats scientifiques probants sur les risques que peuvent constituer l’alimentation OGM sur la santé humaine et critiqué un moyen pour les compagnies agrochimiques de s’approprier les semences de la planète. Des considérations qui concernent moins le reste de la population mondiale alors qu’en janvier, l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) émettait un avis favorable à l'utilisation d'animaux clonés pour la viande ou le lait, d’après Rue89
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lundi 14 janvier 2008

OGM: Une bataille gagnée, pas la guerre

Après l'annonce par le gouvernement de la suspension de la culture des OGM en France, les bloggers écolos affichent leur satisfaction mais restent méfiants.

L'ancienne ministre Corinne Lepage (Modem) se félicite de la "très sage décision prise par le président Sarkozy". « A l’heure où une immense majorité de français et d’européens continuent à manifester leur refus des OGM, où certains Etats dont l’Allemagne ont demandé que la législation soit revue pour intégrer cette opposition, où les Etats Unis sont entrés dans un profond changement, on ne peut que se réjouir de ce que la France ait enfin décidé de se donner le temps et les moyens du choix. », estime-t-elle.

Le député européen Gérard Onesta (Les Verts) livre son analyse sur le blog ecoloplus.blogspot.com. "Il faut maintenant qu’au delà de la révélation - enfin officielle - des risques, tous ces pays se coordonnent pour écarter définitivement le danger OGM en dégageant le cas échéant les majorités requises au Conseil, mais aussi pour remettre à plat une législation que les Verts européens ont toujours jugé inadaptée. "

"Pas trop tôt"

"Enfin, ce n'est pas trop tôt", écrit le blogger Luc, un poil provocateur. "Il aura fallu attendre le Grenelle de l'Environnement pour commencer à réparer les dégâts écologiques des décisions des Verts et du PS en 1997."

Le Grenelle de l'environnement est-il à l'origine de la décision? Pour Juan, qui tient le blog Sarkofrance, c'est l'action de José Bové qui a été déterminante. « La preuve que le Grenelle a servi ? Tout le contraire plutôt. Le Grenelle n'a même pas réussi à décider quelque chose sur les OGM. Il a fallu une grève de la faim pour raviver le débat ! »

De son côté, le journaliste Fabrice Nicolino raille l'arrogance française. "Or donc, clause de sauvegarde. Pas de maïs Mon 810 - si l’Europe accepte, ce qui n’est pas fait - en France. Mais dans la plupart des autres pays d’Europe, si. Et dans le reste du monde, bien sûr. Qu’importe, puisque notre pays reste ce phare grandiose qui éclaire les ténèbres ?"

Désirs d'avenir

La plupart des bloggers saluent le moratoire, mais ne sont pas dupes: ils sont conscients que seule une nouvelle loi pourra mettre fin au flou français sur les OGM. Gérard Onesta rappelle que "la France, condamnée dès juillet 2004 par la Cour de Justice européenne, n’a même pas encore transposé la directive de 2001 en la matière et que, de fait, tous les champs OGM en France sont illégaux."

L'universitaire Arnaud Gossement parle déjà d'avenir sur son blog Ecologie et Droit. "Pendant que l'attention médiatique était focalisée sur la clause de sauvegarde, plus personne ne parlait du contenu du projet de loi qui nous engage pourtant pour les dix années à venir. (...) Tout l'enjeu est désormais de faire évoluer la rédaction du projet de loi avant le 5 février prochain, date à laquelle il sera redéposé au Sénat."

Une inquiétude diffuse persiste au fil des blogs. Comme celle d'Adrien, jeune étudiant en biologie moléculaire. "Je suis scientifique, j'ai déjà lors de TP fabriqué des bactéries et des levures génétiquement modifiés. Je suis loin d'être obscurantiste et pourtant je crois que nous devons rester humble. Pour le moment les OGM n'apportent que des avancés limitées par rapport aux risques qu'ils font courir pour la planète."
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