«- Combien coûtent 3 Big Macs et 2 milkshakes ?
- Quels sont les principaux ingrédients d'un Mac Morning ?
- Décrivez l'objectif de la dernière campagne de publicité de McDonald (maximum 200 mots)»
Heather, un bloggeur anglais (Why Don't You Blog?), s'est amusé à rédiger ce faux sujet du bac.
Une blague qui pourrait bien devenir une réalité : le gouvernement de Gordon Brown vient d'autoriser la firme américaine McDonald's, ainsi que deux autres entreprises privée, à délivrer des diplômes du A-level (Advanced Level), l'équivalent anglais du baccalauréat. Il y aura donc un bac Mac Do en management, un bac Flybe, une compagnie aérienne low-cost, pour les hôtesses de l'air et les stewards.
Heather, le bloggeur anglais, se demande jusqu'où le gouvernement va aller :
« je ne sais pas pour vous, mais je me sentirais tellement tellement plus en confiance si la personne qui me vend le journal avait un diplôme nationalement reconnu, encadré et accroché au mur »
Pour Susan Robertson (GlobalHigherEd) l'initiative pourrait, « avec du recul, être vue comme
un tournant dans la gouvernance du système éducatif britannique ».
La décision va « sûrement représenter un défi pour les employeurs et les universités pour savoir comment traiter ces nouveaux diplômes ». Comme le baccalauréat, le A-level permet en effet d'entrer dans l'enseignement supérieur. Mais, raconte la bloggeuse, « certaines universités ont déjà fait savoir qu'elles n'accepteraient pas d'étudiants ayant obtenu ces diplômes. »
La jeune journaliste Rowenna Davis souligne le fait que de telles formations ne risquent pas
d'encourager la pensée critique.
« Quand j'étudiais le journalisme, je n'étais pas dans un journal mais à la City University. Oui, travailler dans un journal m’aurait donné une expérience directe, mais à l’université, nous avions un espace pour poser des questions plus larges sur le journalisme. »
« Il est important de se poser des questions plus larges, non pas pour l'amour de la théorie abstraite, mais parce que cela donne à l'étudiant un certain degré de contrôle et d'autonomie. »
Thom Brooks (The Brooks Blog) est professeur de philosophie politique à l'université de
Newcastle. Il déplore le désengagement du gouvernement dans l'éducation, au profit des entreprises privées, censées « rendre l'éducation plus adaptée aux besoins de l'industrie ».
« C'est une très mauvaise idée de continuer la surspécialisation de l'éducation et d'apprendre de cette façon, en laissant des entreprises comme McDonald, délivrer des baccalauréats et des diplômes (dont je doute qu'ils auront jamais la même valeur que le travail des écoles et des universités. »
« Plutôt que de former les étudiants en deux ans sur des diplôme pour une industrie qui peut disparaître dans quelques années, il faudrait élargir l'expérience des étudiants avec des matières variées pour créer une main d'oeuvre bien plus flexible qui pourrait, relativement facilement, s'adapter à des compétence dans certains domaines aujoud'hui, tout en gardant la capacité de continuer à être performant à un niveau élevé demain, quand l'industrie aura changé »
Commentant la nouvelle, le blog «Not Proud Of Britain (But Would Like to Be)» - Pas fier de la Grande-Bretagne (mais aimerait bien l'être) - rappelle que les écoliers anglais auront bientôt des cours de cuisine obligatoires, mesure destinée à lutter contre l'obésité chez les enfants. Un commentaire d'Alfie se demande si des cours d'ironie seront inclus dans le cursus de «Sciences domestiques» et conclut : « Probablement pas. On n'enseigne plus l'ironie à l'école.»
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lundi 28 janvier 2008
Un big mac, des frites et un mac bac
Publié par
Anne-Julie Contenay
à
15:39
1 commentaires
Libellés : Education, Grande-Bretagne, McDonald's
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