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mardi 15 janvier 2008

Les manuels d'économie sont-ils de gauche?

Orientés. C'est ainsi que les détracteurs définissent les manuels d'économie des lycéens. La polémique enfle depuis que Michel Rocard a qualifié l'enseignement de l'économie de "catastrophe ambulante, (...) responsable du blocage du dialogue social dans notre pays". Ils donneraient une vision trop critique du monde de l'entreprise, une présentation trop pessimiste de l'avenir professionnel et des négociations sociales...

Un exemple de sujet traité dans le manuel Magnard


Depuis, le problème a pris de l'ampleur. L'hypothèse est simple : les étudiants acquièrent une mauvaise image de l'entreprise dès le lycée, ce qui influe sur leur future vision de la vie professionnelle. Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, a chargé une commission d'étudier la situation. A sa tête, Roger Guesnerie, président de l'association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES).

Pour lui, il s'agit avant tout de démontrer que les professeurs ne sont pas de mauvaise foi. "Si cette critique des manuels a pris autant d'importance, c'est aussi parce qu'on dévalorise le travail des enseignants." Il l'attribue à une mauvaise connaissance des méthodes utilisées: outre les manuels, les profs se servent d'autres supports, notamment des articles de presse:



Roger Guesnerie rappelle que l'économie, comme la sociologie, est une matière en mutation permanente. Et contrairement aux mathématiques, les théories sont relatives : les enseignants adhèrent souvent à une école de pensée, qu'on les accuse ensuite de vouloir imposer. Mais ils sont aussi là pour "aider les étudiants à mieux connaître le monde qui les entoure", à commencer par les parcours professionnels qui les attendent, sans forcément les "dénigrer":



"Finalement", conclut Roger Guesnerie, "c'est peut-être parce que les gens ne comprennent pas le monde économique qu'ils sont si pessimistes". La solution prônée par son association est simple: généraliser l'enseignement de l'économie à toutes les filières...
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Cherche RMIste possédant gros patrimoine

Peut-on être au RMI et vivre à l'aise ? C'est apparemment la conviction du ministre du Budget. Eric Woerth a annoncé la semaine dernière qu'un décret conditionnant certaines prestations sociales au train de vie « sera promulgué dans les jours à venir ».

Objectif: la lutte contre la fraude. Les contrôles par des agents de la CAF permettront d'évaluer l'adéquation entre le train de vie des bénéficiaires et les prestations qu'ils reçoivent. La mesure concerne plusieurs minima sociaux (CMU complémentaire, allocation parent isolé, RMI, etc.).

Pour juger du « train de vie » d'un RMIste, les agents passeront au crible la valeur locative de son logement, de sa voiture, des objets d'art qu'il possède, mais examineront aussi ses loisirs (voyages, inscription à un club de sport...).

S'agit-il de jeter le doute sur l'honnêteté des bénéficiaires du RMI? La fraude aux prestations familiales est estimée à 30 milliards d'euros par an, alors que 580 agents effectuent environ 320 000 contrôles annuels. Selon Daniel Buchet, responsable de la mission fraude à la Cnaf, « la fraude au RMI représente environ 60% du total, mais seulement 0,05% des bénéficiaires du RMI pratiquent la fraude. » Les nouvelles mesures annoncées par Eric Woerth ne concernent donc que les « cas extrêmes ».



Peu de personnes visées, mais un gros impact médiatique: les associations de défense des chômeurs et précaires redoutent les conséquences de ces mesures sur l'image déjà dégradée des RMIstes. Serge Havet, président d'Agir contre le chômage, dénonce les « pitreries gouvernementales »:




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