mardi 15 janvier 2008

A Lille, la lassitude gagne les opposants au traité européen

« On veut nous faire croire que c'est plié d'avance ». Laurent Matjeko, responsable dans le Nord du PRS (Pour la république sociale), l'association fondée par Jean-Luc Mélenchon, exprime un sentiment largement répandu chez les partisans du référendum. Alors que le Congrès doit se réunir dans trois semaines à Versailles afin de modifier la constitution, préalable indispensable à la ratification du Traité de Lisbonne, le moral des militants nordistes n'est pas au plus haut.

Sans les voix du PS, Nicolas Sarkozy ne dispose pas de la majorité des 3/5 nécessaires à toute modification constitutionnelle. Techniquement, une ratification par voie référendaire est donc toujours possible. Mais après de longues hésitations, le parti de François Hollande a fixé aujourd'hui sa position : ce sera l'abstention... et les mains libres pour le président de la République.

Certains veulent pourtant y croire, comme Jean-Louis Bouzin, éditorialiste à Liberté Hebdo, journal communiste du Nord :



L'issue du vote fait peu de doute dorénavant, mais n'empêche pas les calculettes de fonctionner. A droite, une quinzaine de souverainistes, les non-inscrits et quelques électrons libres, auraient pu venir venir renforcer les rangs du PS pour exiger ce référendum.

Dans le Nord- Pas de Calais, région qui a le plus fortement rejeté le traité constitutionnel le 29 mai 2005 à plus de 70%, le militant s'est pourtant fait discret. Certes, les lettres aux parlementaires se sont multipliées. Pétitions et campagnes d'affichages ont-elles aussi bien eu lieu, mais sans grande visibilité. Laurent Matjeko reconnaît que les tractages ont été moins nombreux :

« On paye les conséquences des coups qu'on arrête pas de prendre sur la tête depuis un an. Il n'y a pas que l'Europe qui inquiète les gens aujourd'hui, ils ont d'autres soucis, et le gouvernement en remet une couche chaque jour. Forcément, l'enthousiasme militant s'en est ressenti. » Ce soir, il avoue attendre peu de monde à l'atelier de lecture du traité qu'il organise avec le PRS au Café citoyen de Lille. Un manque d'enthousiasme observé aussi par Jean-Louis Bouzin :



Dans les trois semaines qui restent, rien de plus n'est prévu dans le Nord. A l'échelle nationale, la myriade de partis, mouvances, associations et syndicats concernés ne s'est pas mis d'accord sur une seule date. Pour les uns ce sera le 2 février à Paris, les autres poseront un jour de congé pour être présent le lundi 4 à Versailles.

Pour les opposants les plus convaincus, une défaite le 4 février ne serait pas décisive au traité. Elle ne les rendrait que plus déterminés à combattre « l'Europe ultra-libérale », comme l'explique Jean-Louis Bouzin :



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