Deux semaines de campagne intensives suffiront-elles? Les primaires républicaines de Floride, ce mardi, pourraient signer la fin de la course à la présidence de Giuliani.
L'ancien maire de New-York, candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle, a choisi de se désengager des consultations précédentes pour se concentrer sur "the big ones" - Floride, Californie, New-York -, riches en délégués. Rudy Giuliani n'est arrivé qu'en sixième position en Iowa (4% des suffrages), quatrième au New Hampshire (9%), sixième au Michigan et en Caroline du Sud (3% et 2%).
Pire, le dernier sondage publié aujourd'hui confirme son retard. Il est en troisième place (13%), au coude à coude avec le mormon Mike Huckabee. En tête, le vétéran de la guerre du Vietnam et sénateur de l'Arizona, John McCain, crédité de 35%, suivi de près par Mitt Romney, l'ancien gouverneur du Massachusetts (31%). Giuliani obtenait encore de 30% des intentions de vote républicaines il y a quelques semaines.
Giuliani n'a pourtant pas lésiné sur les moyens: campagnes publicitaires en anglais et en espagnol, réunions publiques quotidiennes, rencontres avec les électeurs dans les restaurants, les bars, les maisons de retraite... Mais son tour de Floride n'a pas réuni les foules. Les militants venus l'accueillir aux aéroports et l'écouter aux réunions n'étaient qu'une petite centaine. Les médias américains ne s'y sont pas trompés: ils ont préféré suivre l'affrontement des deux challengers, McCain et Romney, sur l'économie et l'Irak, reléguant dans l'ombre les campagnes de Giuliani et Huckabee.
Mercredi dernier, il est apparu sur CNN, confiant et déterminé. Selon lui, "se concentrer sur la Floride était la meilleure chose à faire" (Voir la vidéo, en anglais.)
Rudy Giuliani est le seul candidat républicain à avoir des positions aussi libérales sur ces sujets. Ce catholique deux fois divorcé avait dressé contre lui les partisans des valeurs chrétiennes. Son image auprès de l'électorat traditionnel républicain s'est peu à peu dégradé: après avoir enfilé escarpins et bas résille pour un numéro avec des danseuses de revue, il a osé la perruque blonde et le rouge à lèvres dans un numéro avec Julie Andrews. Des images qui lui sont bien souvent rappellées (Voir la video.)
Se servant de son image de héros du 11 septembre, il a fait de la lutte contre le terrorisme son principal thème de campagne. Or, les problèmatiques des Américains sont ailleurs. Pouvoir d'achat, emploi, logement...: sur ces thèmes, Giuliani est resté longtemps muet.
Et même sur la sécurité, sa légitimité est ébranlée. Jim Riches, l'adjoint chef des pompiers de New-York FDNY, a perdu son fils lors des attaques du 11 septembre. Depuis, il milite contre la candidature de Rudy Giuliani et le suit partout dans le pays pour mettre au jour son véritable role pendant les attaques du World Trade center. Il était en Floride, à Atlanta.
«Le 11 septembre, Giuliani était absent (...), les radios ne marchaient pas, et ils continuent de mentir à la télévision. Nous voulons que les Américains sachent que quand ils racontent partout en Floride que les pompiers de New-York soutiennent Giuliani, c'est encore un autre mensonge.» (Voir la video.)
Pour gagner, Giuliani compte notamment sur les 1,5 millions de New-Yorkais vivant en Floride, souvent retraités. Le quotidien local St-Peterburg Times, quant à lui, a déjà titré "Bye bye Rudy". Lors de son meeting hier à Clearwater, il a arrangué les rares militants présents en leur demandant d'aller chercher un par un de nouveaux électeurs: "C'est un vote trop important." Pour lui, en tout cas, il est déterminant.
mardi 29 janvier 2008
Giuliani tente le tout pour le tout en Floride
Publié par
julie
à
13:49
Libellés : élections, Etats-Unis, floride, giulani
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