lundi 14 janvier 2008

Into the wild séduit les internautes

"Plus qu’un road-movie, un caméra-movie. " C’est ainsi que Dominique Hasselmann résume Into the Wild, dernier film réalisé par Sean Penn, sur son blog Le chasse-clou.

Sorti en janvier sur les écrans français, Into the wild retrace l’histoire vraie de Chris Mac Candless. En 1990, ce jeune américain décida de tourner le dos à une vie confortable pour s’aventurer sur les routes isolées des Etats-Unis. En ermite moderne il partit jusqu’en Alaska chercher une solitude qu’il regretta.

Les internautes saluent le choix de Sean Penn, qui s’est inspiré du best-seller écrit en 1998 par le journaliste John Krakauer à partir des témoignages des personnes rencontrées par Chris. "A la simple lecture du synopsis, on comprend ce qui a pu motiver Penn: une ode à la nature, le parcours d'un être ayant refusé le système, une quête intérieure hors normes" écrit Nikko sur son blog Napalm d’or.

Enfant gâté ou idéaliste naif ? La quête de Chris, rebaptisé Alex Supertramp (Alex Superclodo), interroge. "Si l’on raisonne froidement Alex est un crétin, si l'on se laisse aller au ressenti, il incarne un frère, un ami, un fils que l’on aime et dont le périple nous fascine, car aussi simpliste qu’était sa motivation il a accompli ce voyage jusqu’au bout et le plus sincèrement possible." commente Julien Bartolletti sur son blog de cinéma Les Alternatives Postmodernes. Selon lui, le héros est une sorte de "Saint Jacques de Compostelle postmoderne ".

Sur la toile, l'adaptation d'une histoire devenue symbole de l'anti-consumérisme aux Etats Unis par un acteur connu pour ses prises de positions politiques ne surprend qu'à moitié.

"Les grands thèmes que développe Into the wild – anti-conformisme, anti-matérialisme, retour à la nature – sont des thèmes branchés mais prônés par Sean Penn depuis déjà bien longtemps. Cette fraîcheur dans le propos légèrement naïf est d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse du film" affirme Neil, qui rappelle que Sean Penn s'est interessé très tôt à l’adaptation et dont l'enthousiasme pour le projet aura finalement vaincu les réticences de la famille McCandless dont il a acquis les droits.

Il y a l'histoire, mais il y a aussi la caméra de Sean Penn. C'est elle qui séduit les internautes. « C’est la caméra qui commande à la géographie (…), aux rivières, à la mer, aux montagnes, aux déserts, c’est elle qui décide, qui vole, qui plane, qui cadre en biais… » écrit Dominique Hasselmann.

Les prises de vues aériennes, les longs panoramas révèlent au spectateur le drame de Chris, planté au milieu d’une nature aussi séduisante que sauvage et destructrice. Sur son blog Planète sans Visa Fabrice Nicolino s’étonne : « Je ne savais pas Penn si bon réalisateur. Il filme la route, qui s’étend et distend le monde. D’immenses champs de céréales du Midwest, qu’on pensait immondes, et qui se révèlent sublimes. »

Comme toute adaptation, Into the wild est une interprétation. Et celle-ci laisse certains internautes insatisfaits, dénoncant une simplification du drame de Chris/Alex. Après avoir regardé le célèbre talk-show américain d'Oprah Winfrey auquel étaient invités l'acteur principal Emile Hirsch, John Krakauer, Sean Penn et la soeur de Chris Mc Candless, Gal se dit "gêné". "Je trouve étrange la façon dont de complets étrangers parlent de Chris comme s'ils savaient tout sur lui, comme s'ils saisissaient tout son raisonnement et toutes ses actions" écrit-il.

Et Cinemaniac de conclure "C’est un film sage, sagement exalté, sagement interprété (Emile Hirsch), un beau livre d’images, un film tous publics qui ne renversera personne et ne déplaira à personne non plus." Un film, en tout cas, à aller voir.

3 commentaires:

Yann Guégan a dit…

LES PLUS
Papier bien mené, agréable à lire, beaucoup de sources.
Pas assez de paragraphes (handicape la lecture).
Des mots-clés.

LES MOINS
Sujet un peu léger.
Captures trop grandes, deuxième capture non recadrée.
Chute tartignole.

Yann Guégan a dit…

J'oubliais un moins: le titre, trop elliptique, et un peu fade.

Yann Guégan a dit…
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