samedi 9 février 2008

A Reims, la course à la mairie est plus ouverte que jamais


Il y une seule
chose sur laquelle les trois
candidats à la mairie, Adeline Hazan, Renaud Dutreil et Catherine Vautrin sont d’accord : une page se tourne. A 75 ans, Jean-Louis Schneiter, le maire sortant, ne se représente pas. C'est un fait, une nouvelle génération accédera à l’hôtel de ville en mars. Pour le reste, rien n’est encore joué. La bataille à droite entre les deux anciens ministres de Jacques Chirac retient toute l’attention médiatique, au risque de faire oublier que la candidate PS n’avait manqué la mairie que de quelques centaines de voix en 2001. La droite était alors déjà divisée.

Où est l’UMP ?

Catherine Vautrin (DVD-MoDem) et Renaud Dutreil (UMP-NC-PRG) avaient choisi le même soir pour dévoiler leur liste. « Symptomatique de la situation », commente Adeline Hazan, la candidate PS-Verts-PC.

L’ancien ministre des PME, investi par l’UMP, se garde pourtant de faire du zèle pour son parti. Sur le document présentant ses colistiers et son programme, aucune mention ou logo du parti de la majorité. De Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité ne cesse de se dégrader –ceci expliquant cela, Renaud Dutreil a seulement repris l’idée d’une télévision sur Internet, RDTV, qui rappellera des souvenirs à certains. Tout candidat de l’UMP qu'il est, il revendique surtout « une force nouvelle ».


Avantage à Dutreil, Vautrin décisive

Un sondage réalisé par l’institut TNS-Sofres pour L’Union en décembre, donnait au premier tour un avantage prononcé au candidat de la majorité (32%) à égalité avec Adeline Hazan, contre 20% à Catherine Vautrin. Dans l’entourage de l’ancienne ministre de la Parité on relativise :

"Catherine est très populaire dans des quartiers comme Wilson. Renaud Dutreil, lui, ne mobilisera pas dans ces quartiers Et puis depuis ce sondage Jean-Marie Beaupuy (Modem) l’a rejoint et Jean-Louis Schneiter la soutient"

Si elle n'a pas reçu l'investiture de l'UMP, la candidate se rappelle quand même au bon souvenir de son parti, dont elle s’est mis temporairement en congé


Catherine Vautrin le sait, elle détient les clés de ce scrutin. Dans le cas où elle serait battue, Mme Vautrin réserve toujours sa décision. Un de ses proches explique : « Pour l’instant, la seule hypothèse envisagée est celle d’une victoire. Sinon elle verra au soir du premier tour, suivant comment s’est passé la campagne », en référence aux méthodes assez agressives de Renaud Dutreil contre Francis Falala –fils d’un des barons de la droite rémoise- lors des dernières législatives. Quant à Renaud Dutreil, quand on lui demande ce qu’il fera si la candidate divers droite arrive en tête au soir du 9 mars, il lance, l’air de ne pas y toucher : « Je n’ai jamais trahi mon camp », et annonce qu’il appellera à voter pour sa rivale. Une triangulaire, la marotte de la gauche, n’est donc pas exclue, mais peu probable. Autre chance pour les socialistes, le discours de certains militants laisse penser que le report de voix, d’un côté comme de l’autre, devrait être incomplet.

Convergence d’intérêts

Dans une bataille à trois, il y en a toujours un de trop. Catherine Vautrin et Adeline Hazan se respectent mutuellement, même si tout les oppose sur le plan politique. Tout sauf Renaud Dutreil, qui cristallise les critiques de la part de ses concurrentes. Catherine Vautrin vise une victoire lors de la « primaire » du premier tour, Adeline Hazan une victoire au second, Dutreil étant considéré par les socialistes comme l’adversaire le plus probable pour le moment. C'est en tous cas l'avis de ce militant socialiste:

"Le terrain nous montre que la population a été pour partie impressionée par l'agitation de Dutreil, qui a cristallisé autour de lui un mouvement réel. Catherine Vautrin, avec son sérieux, je vais être un peu gentil avec elle mais c'est un autre tempérament politique que Dutreil qui est prêt à tout. Je ne suis pas sûr que Catherine Vautrin soit en mesure de se maintenir au deuxième tour."

C'est pourquoi la candidate PS réserve à Renaud Dutreil ses attaques les plus virulentes.


Face à cette situation, l’ancien ministre des PME dit vouloir continuer sereinement une campagne qui « n’a pas encore dérapé », malgré de « l’agressivité de tel ou tel côté de la place politique ». Quant aux accusations de parachutage, il dénonce un « mauvais procès».


"On est jamais mieux servi que par soi-même", Renaud Dutreil, ancien conseiller municipal de Château-Thierry (Aisne) aurait dû y penser. Selon le quotidien L'Union, l'animateur de la soirée de présentation de l'équipe du candidat UMP s'est pris les pieds dans le tapis au moment d'annoncer la tête de liste: "Et maintenant, celui que vous attendez tous, le nouveau maire de Chât.... de Reims!"

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